Lorsque Ugyen Tashi, pasteur de GFA World, a pénétré dans la prison, trois portails d’acier se dressaient devant lui telles de sinistres sentinelles.

Son cœur s’est glacé quand il a franchi le premier portail. Au deuxième, une pensée déchirante lui a traversé l’esprit : il ne verrait pas le monde extérieur pendant quelques années. Il serait séparé de sa femme, de sa fille nouveau-née et des autres croyants.

Le troisième portail le menait dans la cellule sombre et étroite qui deviendrait sa maison. Lorsqu’il y est entré, il lui semblait que les hauts murs se refermaient sur lui.

« Je n’arrivais pas à voir quoi que ce soit à part le ciel », se rappelle-t-il.

Pasteur Ugyen avait été désigné comme un ennemi de son pays pour avoir témoigné de l’amour de Christ, mais il savait que Dieu avait permis sa peine d’emprisonnement pour une raison. En effet, ce missionnaire national aurait trois ans pour présenter aux meurtriers, aux toxicomanes et aux voleurs avec qui il vivrait, celui qui est venu briser les liens de leur esclavage et véritablement les libérer.

« Notre Seigneur a dû supporter une violence physique et une humiliation inhumaines, et au bout du compte, la mort, explique Ugyen. Mes souffrances n’étaient aucunement comparables à la douleur et au martyre que notre Seigneur a endurés… J’ai remercié le Seigneur parce que cela n’a duré que trois ans. »

Bien que pasteur Ugyen ait été contraint d’échanger la vie passionnante de son ministère et de la communion fraternelle pour les ténèbres accablantes d’une prison, son séjour là-bas pourrait être comparé à une bougie que l’on allume dans une pièce totalement obscure.

Une bougie à la flamme vacillante

La présence d’Ugyen dans cette prison en tant que seul enfant de Dieu a été découverte presque immédiatement. Au moment où il est entré dans sa cellule, quelques détenus lui ont demandé s’il avait apporté du tabac ou des cigarettes. Le contraste était évident : Ugyen désirait ardemment lire la Bible, alors qu’ils avaient une folle envie de tabac.

« J’ai avoué à ces détenus que j’étais un croyant et qu’on m’avait amené en prison pour avoir parlé de Jésus à des gens, raconte Ugyen. Quand les prisonniers ont entendu cela, ils se sont demandé pourquoi on me punissait d’avoir fait une telle chose. Ils ont ensuite confessé qu’ils étaient emprisonnés pour avoir volé et tué, mais selon eux, mon cas était complètement différent et je ne méritais pas tout ça. »

La présence d’Ugyen illuminait la prison de la lumière de Christ, mais les épreuves et les ténèbres continuaient de planer au-dessus de lui malgré tout. Ce n’était que le début de son combat, mais Christ lui donnerait la force de persévérer et d’œuvrer auprès des autres prisonniers.

Écrasé, mais pas anéanti

Les conditions de vie à la prison décourageaient l’âme d’Ugyen et détérioraient sa santé. Entre dix et douze prisonniers devaient partager une pièce d’un peu moins d’un mètre carré, et ils étaient rarement autorisés à utiliser les toilettes.

« Si nous avions besoin d’aller aux toilettes, nous devions demander aux gardiens de nous y accompagner, raconte Ugyen. Quand nous leur demandions de nous emmener aux toilettes, ils nous insultaient. Voilà pourquoi la plupart d’entre nous avaient leur propre bidon dans lequel ils urinaient. Pour des raisons comme celles-là, nos cellules étaient très sales et malodorantes. […] Je me répétais souvent que pas même mon ennemi ne devrait endurer tout cela. »

Ces pièces étroites et insalubres ont aussi aggravé l’asthme d’Ugyen. Il dormait peu et sa santé se détériorait.

Une nuit, il est devenu gravement malade. Il n’arrêtait pas de tousser et son corps était anormalement froid. Il a informé un gardien de son état de santé, mais il a tout de même souffert de nombreuses heures avant de recevoir la permission de rencontrer un médecin. Les gardiens ont alors menotté Ugyen et attaché ses pieds avant de l’emmener à l’hôpital.

« Ils m’ont emmené à l’hôpital comme un animal », se rappelle Ugyen.

Quand il y est arrivé, le médecin ne l’a pas traité beaucoup mieux.

« Lorsque j’ai expliqué mes malaises au médecin, il n’a pas tellement prêté attention; il a seulement gribouillé quelque chose sur un bout de papier et il m’a prescrit certains médicaments, explique Ugyen. Parce que j’étais un prisonnier, le médecin avait manifesté très peu d’intérêt à me traiter. »

De retour à la prison, Ugyen vivait une épreuve chaque jour quant à la prise de ses médicaments d’ordonnance, car les gardiens ne lui permettaient pas de les garder. Par conséquent, il arrivait souvent qu’Ugyen ne puisse pas prendre ses médicaments à l’heure prévue et son état de santé persistait alors.

« Je croyais que je ne reverrais jamais ma famille à cause de cette maladie et des mauvais traitements que les gardiens m’infligeaient, affirme Ugyen, mais les plans de Dieu surpassent les nôtres. »

Son arme : se réfugier en Dieu

Malgré les difficultés de la prison qui l’écrasaient, Ugyen possédait une arme pour se défendre contre le désespoir : l’attachement à Christ et à sa Parole.

« On peut facilement devenir découragé et déprimé en prison quand on se met à penser à sa famille et à la liberté. […] Lorsque de telles pensées nous obsèdent, on se sent paralysé, précise Ugyen. Pour surmonter de telles situations, il faut connaître le Seigneur et passer du temps dans la prière et la méditation de la Parole de Dieu. »

C’est donc ce qu’a fait Ugyen et il a trouvé la force de supporter sa peine d’emprisonnement.

Un certain verset biblique a particulièrement encouragé le cœur d’Ugyen : « Sentez et voyez combien l’Éternel est bon! » (Psaumes 34.8)

« Grâce à l’encouragement de versets comme celui-là, le Seigneur a préservé ma vie et m’a donné la victoire, déclare Ugyen. Rien n’a pu me décourager ou m’anéantir au cours de ces trois dernières années en prison, car je me suis raccroché à la Parole de Dieu. »

En effet, Ugyen a passé ses journées en prison dans la présence du Seigneur et il a souvent crié à lui. Quand il priait, Dieu lui donnait des forces et lui mettait à cœur de présenter la Bonne Nouvelle aux autres prisonniers.

« Il n’y a pas tellement de choses à faire à part prier et passer du temps avec le Seigneur, raconte Ugyen. Puis, j’ai appris que beaucoup de croyants, de pasteurs, d’Églises et de leaders partout dans le monde priaient pour moi. J’ai alors commencé à prier pour les détenus de cette prison et pour mon pays. »

Dieu a répondu à ses prières et il a donné des occasions à Ugyen d’expliquer aux prisonniers pourquoi le caractère sombre de la prison ne l’avait pas brisé. Il avait d’ailleurs vu beaucoup de prisonniers succomber au désespoir, se tourner vers la consommation de drogues ou être sur le bord d’une dépression nerveuse.

« Bien des détenus se demandaient comment je trouvais la force d’affronter cette situation. Ils avouaient qu’ils deviendraient très découragés et tristes en pensant à leur emprisonnement, raconte Ugyen. Je leur parlais et les encourageais. […] Je leur parlais très souvent de Jésus, car ils avaient perdu espoir. »

Au bout d’un certain temps, quelques détenus se sont joints à Ugyen dans la prière et trois des prisonniers qui l’accompagnaient ont mis leur foi en Christ.

Se réjouir des victoires, demeurer prêt pour le combat

Après sa libération en mars, Ugyen a passé du temps à se réjouir de la fidélité de Dieu en compagnie de sa famille et d’autres pasteurs. Il a aussi eu des occasions de raconter comment Dieu l’avait encouragé et utilisé en prison.

« En tant que serviteurs de Dieu, nous devons étudier la Bible et mémoriser autant de versets que nous le pouvons, déclare Ugyen. Nous devons nous outiller de la Parole de Dieu, ainsi, dans les situations comme la mienne, nous pouvons la méditer. Personne ne peut garantir qu’il ne sera pas emprisonné pour sa foi. […] Sans la connaissance de la Parole de Dieu, nous succomberions au découragement et à la dépression. […] Quand nous méditons la Parole de Dieu, le Seigneur nous parle; il dirige et guide notre vie. »

Se réfugier en Christ et faire ses délices de la Parole a permis à Ugyen de tenir le coup même durant les moments les plus sombres. Bien qu’il loue Dieu de lui avoir accordé la victoire grâce aux armes que sont les Écritures et la prière, il sait que d’autres croyants et lui-même devront livrer beaucoup d’autres combats, parce que des milliers d’habitants de son pays attendent encore d’entendre la Bonne Nouvelle.

« Il est possible que de nombreux croyants soient emprisonnés pour avoir annoncé l’Évangile, comme cela m’est arrivé, dit-il. Tout ce qu’ils ont besoin de savoir, c’est que l’Éternel maîtrise la situation et par conséquent, nous ne devrions jamais perdre courage. »

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